Appel de Miranda Walker à l’humanité

Ogma
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# Appel de Miranda Walker à l’humanité   
Dim 9 Fév - 16:55

Manifeste
Symbiontes

     Attribué (peut-être à des fins de légitimation) à la célèbre astronaute américaine Miranda Walker, ce texte fondamental constitue le plus grand plaidoyer symbionte qu’on ait retrouvé sur le territoire d’Europe de l’Ouest. Il est difficile de déterminer sa date exacte de rédaction mais il semble que certains extraits soient apparus étonnamment tôt dans le conflit, dès les premiers mois de la guerre civile (ce qui laisse penser que certaines milices comptaient des sympathisants symbiontes). Il se divise en cinq feuillets, parfois reliés mais le plus souvent diffusés séparément en fonction du message à faire passer.

     Si les trois premiers sont surtout narratifs et semblent chercher à rappeler l’esprit dans lequel l’homme a rencontré pour la première fois l’alien, les deux suivants glissent vers un ton plus revendicateur, dénonçant les détracteurs de leur cause en général et la propagande impériale en particulier. Extrêmement rares de nos jours en dehors des milieux symbiontes, un feuillet resurgit parfois à quelque occasion stratégique, abandonné discrètement sur une rame de métro ou dans tout autre lieu public où il puisse avoir une chance d’interpeller la population avant d’être intercepté par les autorités.


Partager, c’est aliéner.
Paul Géraldy.

Premier contact


     Le monde change. Le monde nous change. Nous croyons nous connaître mais nous ne nous connaissons jamais aussi bien que quand nous croisons notre reflet dans le regard de l’autre.

     12 avril 2013, trente-et-unième jour de l’Expédition 35 sur la Station Spatiale Internationale. Seizième seulement depuis la relève. À deux semaines près je n’aurais même pas été là pour voir ça. Non que je l’aie vu de mes yeux propres ce jour-là – les observatoires terrestres étaient même bien mieux placés que nous pour appréhender les premières manifestations du phénomène –, mais dès les premières images nous avons su (ou bien juste espéré ?) que nous serions d’une façon ou d’une autre aux premières loges. Que cela dépassait le spectre d’action d’un télescope ou d’une sonde spatiale. Que c’était « en haut » que cela se passait, si seulement on pouvait parler de haut et de bas au-delà de l’atmosphère terrestre.

     Planètes naines errantes, objets épars, éléments de la ceinture de Kuiper à l’orbite encore inconnue ? au début au moins le doute était permis et la nouvelle n’a fait grand bruit que dans le cercle des spécialistes. Il a fallu attendre qu’ils coupent droit l’ellipse de Neptune pour que l’anormalité de l’évènement devienne incontestable. Par leur taille, leur forme, leur vitesse, leur nombre. Par leur trajectoire, surtout, inexplicable, qui ne respectait aucune des lois de la gravitation naturelle. Puis il y avait ce signal, ces séries d’ondes indécriptables par nos appareils qui nous parvenaient à intervalle régulier. La preuve qu’il y avait plus qu’une coquille vide à la dérive.

     Quand bien même la NASA et la RSA auraient voulu cacher l’information, comme c’était souvent le cas dans les fictions, c’eut été mission impossible. Une semaine plus tard cinq authentiques vaisseaux spatiaux se positionnaient dans l’orbite terrestre, au vu et au su de tous les satellites civils. Je ne saurais témoigner de ce qui s’est dit alors en bas, de comment a réagi telle ou telle population, tel ou tel gouvernement. Nous n’avons pas eu le temps ni même l’envie de nous y intéresser. Nous nous savions repérés et attendus, sinon pourquoi un des cinq engins se serait-il placé sur la trajectoire exacte de la station ? Aucun crash malheureux, aucun atterrissage en douceur – puisqu’ils étaient hors d’atteinte de nos représentants au sol c’était à nous, qui étions les plus proches, de venir à eux.

     C’est le commandant de bord, de l’agence spatiale russe, et son second de l’agence spatiale japonaise qui sont partis les premiers en reconnaissance. Là-bas, une véritable arche de Noé : pas un extraterrestre ne ressemblait à un autre, sinon par leur regard calme, posé, leur attitude d’attente et de curiosité. Est-il vraiment besoin de s’attarder sur ces images qui ont fait le tour du monde ? nous n’en avons eu l’exclusivité qu’une fraction de seconde, le temps pour le signal de parvenir aux agences spatiales et puis de là aux médias civils. Ce qui n’était pas directement visible en revanche c’est qu’ils étaient surtout affamés. Une faim que mon confrère a d’abord prise pour la sienne, avant de comprendre. De comprendre qu’ils avaient fait un long voyage, que derrière la politesse il y avait une envie indicible. D’un commun accord nous avons chacun renoncé à un repas lyophilisé pour le leur confier. Une maigre collation, qu’ils ont pourtant accueillie avec plaisir (ou du moins ce qui s’en rapprochait le plus à nos yeux) quand j’ai rejoint mes collègues pour l’apporter en personne.

     Pourquoi encore épiloguer là-dessus, puisque nous avons vu, revu, commenté, discuté ces images ? parce qu’elles sont importantes. Parce qu’elles expliquent toutes les décisions que moi et mes confrères avons pu prendre par la suite. Parce que nous avons tous été témoins d’une leçon de vie – parce que nous avons vu de nos propres yeux plusieurs centaines d’individus, de toute race, de toute forme, de toute origine, se partager six malheureux gobelets de soupe protéinée. À raison d’une gorgée chacun, dans une autodiscipline altruiste inouïe, ils n’avaient laissé personne de côté. Cela devrait se passer de mot. Cela devrait forcer le respect de lui-même. Seulement nous sommes tellement éloignés de cet état de fait que nous avons besoin de discours pour nous en rappeler.


L’interprète


     Des allers et venues entre la station et le vaisseau, nous en avons fait plusieurs. Aucun mot, aucun code, aucun geste ne nous était commun : tout était à réinventer et ces êtres étaient semblait-il trop prudents pour rejoindre la terre ferme sans être certains de notre consentement. Alors ils nous baladaient, nous observaient, nous parlaient dans quelque langue d’un autre monde. Peut-être parce que j’étais un peu plus prompte que les autres à babiller leur charabia, c’est devant moi qu’ils ont ouvert pour la première fois les caissons. Ceux qui renfermaient la majorité d’entre eux. Je les ai d’abord pris pour des nouveau-nés – n’en avaient-ils pas tout l’air, après tout ? une petite larve toute nue, gigotant aveugles entre leurs mains alors qu’ils la manipulaient avec douceur pour me la montrer. Ils ont eu la délicatesse de l’éloigner de moi avant l’ultime démonstration, quand mon vis-à-vis a expectoré sous mes yeux une réplique de la créature.

     Le nom par lequel il me l’a désigné était celui qu’il s’attribuait à lui-même quelques instants plus tôt. Je ne saurais plus dire combien de temps j’ai mis à réaliser ce que cela signifiait, qu’il n’était pas un mais deux, que ce que nous avions sous les yeux n’était qu’une enveloppe extérieure. Un hôte avec qui ils faisaient route commune. Ce qui est sûr en revanche c’est que j’ai mis plus de temps encore à accepter de comprendre, de deviner ce qu’ils attendaient de moi au travers de cette révélation. J’ai même pris peur. J’ai pris peur à l’instant même où ils m’ont tendu la larve, où ils m’ont baragouiné son nom. Kteladrin. Elle s’appelait Kteladrin et elle n’avait plus personne.

     J’ai préféré m’excuser et rentrer à la station. Seule. Un peu aux abois aussi. J’ai craint un moment que l’un d’eux m’attrape et essaie de me retenir, mais ils se sont contentés de s’écarter sur mon passage et de suivre des yeux ma fuite silencieuse. J’étais bouleversée et cela n’a pas échappé aux autres membres de l’équipage, mais avais-je pour autant le droit de déballer ce que j’avais vu ? Ils m’avaient fait confiance, dévoilé un secret qu’ils auraient tout aussi bien pu garder pour eux. Surtout ils n’avaient rien fait pour m’empêcher de partir avec lui. Je les ai vus faire coulisser comme rien des portes que nous n’arrivons même pas à pousser d’un millimètre, ils ont une force incroyable, s’ils avaient voulu me forcer à quoi que ce soit je n’aurais eu le temps de rien faire. Ils se sont montrés doux, tout au contraire, aussi doux et délicats que la situation le permettait. Quand j’ai pris deux jours plus tard le micro pour faire mon rapport à la NASA, j’avais déjà pris ma décision. Cela pouvait bien être une ruse (et je les invitais à rester prudents quant à la suite des évènements), mais j’étais prête à parier le contraire.

     C’est ainsi que je suis devenue Kteladrin, Kteladrin aussi bien que Miranda Walker.

     Kteladrin était jeune. Il n’avait connu son premier hôte qu’un court moment avant que les circonstances les obligent à se séparer. Ce n’était pas une situation normale, mais cela ne le laissait que plus apte à apprendre. Avantage non-négligeable, il connaissait et comprenait le langage de ses pairs. C’est pour cela qu’ils l’avaient choisi – qu’ils nous avaient choisi – pour interprète.

     C’est ainsi que je me suis retrouvée à raconter leur histoire, leur belle histoire, leur utopie sous le regard méfiant aussi bien de la caméra que de mes coéquipiers. L’entraide. Le partage. La Symbiose – c’est le mot qui s’en rapprochait le plus dans notre langue. Longtemps parasites opportunistes, ils se sont peu à peu élevés à une certaine forme de sagesse et ont fait vœux de vivre en harmonie avec des hôtes choisis et consentants. S’ils sont ici aujourd’hui ce n’est cependant pas par choix, mais parce qu’ils ont été poussés toujours plus loin (jusqu’aux confins du monde connu et au-delà) par l’ignorance hostile d’autres peuples. Ils ne demandaient rien de plus que de se poser là, de reprendre des forces et si ce n’était pas trop demandé de rester vivre en paix parmi nous leur philosophie de vie. De vivre en Symbionte, et non en parasite éternellement rejeté.


Vivre ensemble


     Après que j’aie livré leur message de paix il a encore fallu attendre vingt-huit heures, vingt-huit longues heures, pour que le verdict tombe, que la NASA reçoive l’accord du gouvernement américain pour un atterrissage sur le territoire de l’Arizona. J’avais déjà abandonné la station pour vivre leur vie mais ils avaient formellement refusé de partager leurs privations – ils comptaient trop sur moi et Kteladrin en tant que porte-parole pour nous laisser nous affamer. C’est tout naturellement que je suis descendue avec eux, et c’est sans doute la même évidence qui s’est imposée un peu plus tard à mes confrères de l’ISS quand on leur a à leur tour proposé d’accueillir une nouvelle vie en leur sein pour prendre en charge un autre vaisseau. Finalement seul un des Russes est resté pour assurer la permanence le temps qu’une nouvelle relève complète l’équipage.

     En bas c’était un tout autre monde, pour une toute autre vie. L’émotion était palpable (la tension aussi), mais les autorités ont eu le bon sens de faire passer l’urgence sanitaire avant les préoccupations politiques : il y avait à boire et à manger pour tous, ainsi que des pavillons rudimentaires encore à aménager selon les besoins. Les journalistes restaient pour l’heure refoulés au-delà du périmètre de sécurité, on a par contre permis à mes proches de passer constater par eux-mêmes que tout se passait bien pour moi. Que j’étais heureuse, épanouie, encore un peu perturbée par mon nouvel état mais que je ne regrettais rien.

     Je mangeais comme quatre. J’étais infatigable, à courir partout, à vérifier que tout allait pour le mieux, mais j’avais tout le temps tellement, tellement faim. C’était dans l’ordre des choses et les examens médicaux ont montré que mon métabolisme fonctionnait beaucoup plus rapidement que la normale, mais je comprenais encore moins comment ils avaient fait pour tenir si longtemps sur leurs réserves. Certains étaient dans un état affolant si on les comparait aux souvenirs de Kteladrin, heureusement ils récupéraient relativement vite : ils n’avaient besoin que de temps et d’une alimentation saine et régulière.

     Au-delà des considérations biologiques, il nous fallait aussi prendre en compte un certain « nous » face à « eux ». Un langage inconnu, des mœurs étranges, une sensibilité dont on ne savait encore pas grand-chose – et de même de leur côté – ont donné lieu à plus d’une situation embarrassante, de l’insulte involontaire à la réouverture d’un vieux traumatisme, en passant par un plat cuisiné ressemblant furieusement aux individus juvéniles d’une ou l’autre espèce. Je ne peux décemment pas taire tous les incidents qui ont éclaté durant cette période délicate (mais encore moins tous les citer), mais je peux au moins témoigner que les pires d’entre eux n’ont mené qu’à des isolements de quelques heures approuvés par les représentants des deux espèces. Globalement on prenait sur soi, on s’expliquait parfois, et peu à peu cela finissait toujours par se tasser de soi-même…

     Puis il y avait un certain « moi » face à « lui », imbriqué dans l’espace étroit d’un même corps, ces sensations contradictoires, l’impression d’être à nu et en même temps perdu dans le flot poreux de nos deux esprits. Il est difficile d’expliquer ce qu’est une union symbionte à qui ne l’a jamais vécue, cela a quelque chose de terrible, une peur de déraper à tout moment, de s’enfoncer dans une spirale négative. On dit souvent que les membres d’un couple doivent garder leur jardin secret pour durer, mais que dire quand il y en a aucun possible ? pourtant, bizarrement, pas toujours sans crise ni sans larme… parfois cela fonctionne et alors là c’est juste merveilleux.

     Les plus grandes difficultés à vrai dire c’est (sans réelle surprise) avec mon propre peuple que je les ai rencontrées. Ils avaient accepté d’agir sans poser de questions mais maintenant ils voulaient des réponses, beaucoup de réponses. Les débats ont été longs, fastidieux, pénibles par moment – il y en a certains pour dire qu’ils mériteraient un traité à eux seuls, mais ce n’est pas mon avis. Ce qui compte c’est la vie, la vie effective et non l’histoire des lois qui la régissent.


L’énigme de la pandémie


     Quoi qu’on en dise cette vie commune entre humains et extraterrestres se passait bien, l’un dans l’autre. Les installations sommaires ont petit à petit trouvé un certain confort, les malades une santé, tous un équilibre. Seul un personnel soigneusement trié sur le volet pouvait entrer en contact avec nous, mais cela suffisait amplement dans un premier temps. Les premières propositions d’implantation (en dehors de nous cinq astronautes, j’entends) ont reçu un accueil suspicieux et tout en frilosité, mais au fur et à mesure – je le clame haut et fort – que les expériences positives se multipliaient et que des collaborations se mettaient en place il devenait évident aux yeux de tous que nous avions beaucoup à gagner à les connaître. Je ne prétends pas que c’était facile, je ne prétends pas qu’un périmètre de sécurité puisse être pleinement satisfaisant pour des êtres aussi curieux. Je souligne juste qu’ils savaient n’être que des invités ici et étaient prêts à attendre le temps qu’il fallait pour prouver leur valeur.

     Je jure solennellement, en tant qu’être humain, fille de deux êtres humains, élevée en Terrienne et toujours Terrienne dans mon cœur, je jure que les Symbiontes ne savent pas ce qui a pu provoquer la pandémie mais la condamnent sans appel. Ils la condamnent d’abord parce qu’elle a balayé d’un revers de main tout le lien de confiance qu’ils avaient pu créer avec nous, mais ils la condamnent surtout parce qu’elle va à l’encontre de toutes les valeurs qu’ils défendent. Je souffre (et Kteladrin aussi) pour tous ceux qui en ont été victimes, qui ont perdu un parent ou un ami, je ne peux approuver leur colère mais je peux au moins la comprendre. Justice doit être rendue et le sera j’ose espérer tôt ou tard, mais à quoi cela rime d’accuser tout un peuple pour ce qui semble être le fait d’un seul ? un seul et unique, je le répète, criminel aux yeux des siens avant même qu’on leur rapporte la nouvelle des premières contaminations.

     Dois-je rappeler que la toute première victime n’était pas humaine, mais symbionte ? cela me semble si mesquin en regard des milliards d’autres à travers le monde, mais s’il faut en venir là je le ferai car cette victime n’était pas n’importe qui. Cette victime était l’hôte même de celui qu’on accuse, un être avec qui il a vécu de nombreuses années avant de le laisser froid. Imaginez un mari qui égorge sa femme après trente ans de mariage, vous n’arriverez qu’à une fraction de l’horreur que ce meurtre inspire aux Symbiontes. Ils ne comprennent pas, ils comprennent encore moins que nous comment leur frère a pu en arriver là, et pourtant les voilà devant le fait accompli. Les faits, car tous les hôtes dont cet individu s’est emparé (tous des êtres humains, sans exception) ont connu une mort violente qui les empêche de témoigner aujourd’hui de ce qu’il s’est réellement passé. Les extraterrestres sont en tout cas innocents du malheur qui nous accable, contrairement aux rumeurs folles qui se sont répandues dernièrement : le symbiote qui l’a propagé se servait d’êtres humains comme vous et moi pour évoluer en toute impunité.


L’aliénation impériale


     Si nous sommes si innocents de tous les maux dont on nous accuse, me direz-vous, pourquoi avoir fuit ? à ces esprits chagrins je pourrais répondre que si nous avions vraiment voulu fuir nos responsabilités nous aurions quitté la planète, mais pour comprendre pleinement la situation il faut remonter bien plus loin, avant même notre première rencontre avec les Symbiontes.

     Dès le début j’ai dit leur statut de réfugiés, chassés de chez eux par l’intolérance des autres, ce que je n’ai pas précisé (je l’admets) c’est que ces autres sont aussi leurs frères de sang. Leur crime ? avoir voulu vivre autrement, d’une façon plus juste et plus respectueuse des autres ethnies, mais surtout avoir voulu ouvrir les yeux sur la souffrance des opprimés. Leur combat est noble – il est celui de nos Lumières, de la guerre de sécession, de tous ces grands hommes de tous horizons qui ont fait tout leur possible pour que les hommes naissent libres et égaux. S’ils n’ont pu le mener jusqu’au bout c’est parce que comme toujours une certaine élite s’accroche à ses privilèges : ceux que nous appelons les Impériaux parce que leur vision du pouvoir est celle d’un empire, du plus faible soumis au plus fort, protégé (peut-être) mais déchu de ses droits à disposer de lui-même.

     Et je ne parle même pas encore des implantations. Ils louent des corps (ou plus souvent même les confisquent dans une parodie de justice) pour des durées affreusement longues et dont nous ne mesurons pas encore, nous humains, les conséquences. Les Symbiontes sont des parasites, oui, parce que leur physiologie ne leur permet pas de faire autrement, mais des parasites coopératifs. Depuis que je suis avec Kteladrin je partage tout avec lui, mes peines et mes joies, mes espoirs et mes révoltes. Nous nous apaisons, nous nous complétons, parfois nous nous disputons il est vrai mais toujours dans le respect l’un de l’autre : en un mot comme en mille, nous formons un couple et nous faisons tout pour que cela se passe pour le mieux. Ce n’est pas le cas des Impériaux, l’être humain (comme d’autres races avant nous) n’est qu’un vaisseau où ils n’aspirent qu’à être les seuls maîtres à bord. Certes ils promettent de le libérer après cinquante ans, mais que feront ces gens après un demi-siècle de vide, de néant, à avoir servi la vie d’un autre ? Croyez-vous vraiment qu’il est possible de reprendre sa vie telle qu’on l’a laissée après une si longue absence ? peut-être, qui sait, tout ce que je peux dire c’est que dans d’autres mondes il y en a plus d’un que l’expérience a littéralement détruit.

     Si nous avons disparu des radars, c’est pour pouvoir encore et encore faire entendre ce message : nous ne sommes pas des ennemis du genre humain, mais ses plus vifs défenseurs. C’est pour prévenir les Terriens de ce qui est arrivé à d’autres et de ce qui se passera s’ils laissent les Impériaux gagner le combat – un combat pas seulement entre hommes et aliens, mais entre défenseurs de la liberté et ceux qui veulent l’enchaîner. Nous ne réclamons ni pouvoir ni privilège, nous n’entendons même pas imposer notre philosophie de vie à ceux qui n’en veulent pas. Nous ne cherchions (rappelez-vous) qu’un havre de paix et c’est bien malgré nous que la guerre et la désolation nous a poursuivi jusqu’ici, mais nous restons prêts à nous battre aux côtés de ceux qui croient comme nous au vivre ensemble.

     Le monde ne sera plus jamais ce qu’il était, il y a un avant et un après, mais battons-nous au moins pour le rendre meilleur et non pire. Moi, Miranda Walker, astronaute et première ambassadrice symbionte, j’appelle l’humanité à refuser l’aliénation impériale qui ne connaît que les rapports de force – si pas au nom de cet idéal symbionte trop méconnu en dehors de nos cercles, au moins en celui des valeurs universelles pour lesquelles nos parents se sont battus.

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